Le chauffe-moteur: l'ami indispensable pour votre auto en hiver

Dossiers
samedi, 15 novembre 2008
Vous demandez à ce qu’on installe un chauffe-moteur sur votre voiture, mais votre garagiste ou votre concessionnaire jure dur comme fer que les nouveaux véhicules n’en ont pas besoin. Des petites nouvelles pour eux: ils sont dans l’erreur.

Certes, en hiver, les véhicules démarrent mieux qu’autrefois. Mais aujourd’hui plus que jamais, le chauffe-moteur est un indispensable, dans nos contrées nordiques, parce qu’il permet une réduction notable en consommation de carburant et en émissions de polluants.

Aussi performants et technologiquement avancés soient-ils, les nouveaux véhicules n’échappent pas aux lois physiques et environnementales : leur démarrage par temps froid est ce qui use le plus leurs composantes, alors rudement mises à l’épreuve.

En effet, en hiver, l’huile qui doit être pompée dans le bloc moteur pour la lubrification des pièces est épaisse et ne circule pas bien. Le moteur doit alors besogner dur pour surmonter la friction interne.

De plus, le mélange carburant-air est plus riche du premier élément et sa combustion est beaucoup moins efficace. Pour empirer les choses, le système d’échappement ne fonctionne pas à son maximum et, pendant de longues minutes, la pollution émise est alors très importante.

La solution ? Le bon vieux « block-heater », parce qu’il permet de démarrer le moteur à demi réchauffé. L’huile est alors d’une viscosité acceptable, les organes mécaniques souffrent moins d’usure parce qu’ils travaillent mieux et le système antipollution entre plus vitement en action.

Bref, «le chauffe-moteur contribue à une conduite plus verte et à la protection de l’environnement,» affirme Pierre Beaudoin, directeur principal des services techniques, CAA-Québec. « On est plus ‘vert’ en branchant son véhicule, » ajoute-t-il.

Attention : pas besoin de « brancher » son véhicule une nuit entière. Les dernières études menées par l’association des automobilistes montrent que trois heures avant le départ suffisent. Une minuterie qui commande l’arrivée du courant au bon moment évite le gaspillage d’électricité.

Pour ceux qui s’inquiètent du coût en électricité, sachez que le prix de cette énergie n’arrive pas à la cheville du prix de l’essence : « Brancher sa voiture trois heures par nuit coûte moins de 15$ en électricité par hiver, » soutient Raynald Côté, agent de recherche pour CAA-Québec.

Après avoir été branché trois heures, un véhicule verra sa température optimale être atteinte deux fois plus rapidement que sans branchement. Deux fois plus rapidement, c’est dire un habitacle qui se réchauffe en quatre minutes plutôt qu’en huit, pour un plus grand confort. Surtout, c’est dire une consommation en carburant deux fois moindre, donc une réduction comparable des émissions polluantes.

Ces résultats ne surprennent pas M. Beaudoin. « Nous avions déjà noté, avec notre parc de dépanneuses, que celles que nous branchions l’hiver avaient une durée de vie de 300 000 kilomètres, contre seulement 200 000 kilomètres pour celles que nous ne branchions pas. »

Ce qui étonne, c’est que les bénéfices du chauffe-moteur sont notables non seulement à des températures de -20 à -30 degrés Celsius, mais aussi à -5 degrés. « Quand on y pense, c’est fondé, dit M. Beaudoin. Même à -1 degré, un verre d’eau qu’on laisse à l’extérieur pour la nuit sera transformé en bloc de glace, le lendemain matin. C’est la même chose pour nos véhicules. »

L’expert de CAA-Québec ne demande pas à être cru sur parole : il enjoint les automobilistes à faire le test eux-mêmes par temps froid.

« Branchez votre véhicule trois heures avant votre départ et vous constaterez que son habitacle se réchauffera plus rapidement, que vous gèlerez des pieds deux fois moins longtemps et que votre levier de transmission sera beaucoup plus facile à manier. Aussi, comparez la lecture de votre ordinateur de bord quant à la consommation en carburant, versus un matin où vous n’aurez pas branché votre véhicule. Vous serez convaincus! »

Évidemment, même branché par temps froid, un véhicule demande à ce que ses premiers tours de roue soient faits sans accélération brusque ni à grande vitesse. Il est dit qu’une distance de plus ou moins cinq kilomètres est requise pour le réchauffement des autres composantes du véhicule, comme les roulements à bille, la direction et la suspension.

Un dernier point : si vous avez le choix, optez pour un système à élément chauffant qui s’installe sur le bloc-moteur et qui vient réchauffer le liquide de refroidissement. Les dispositifs qui misent sur une plaque pour chauffer l’huile du carter sont moins performants, soutient M. Beaudoin.

Sachez aussi que certains chauffe-moteur comportent une sonde qui, malheureusement, ne les fait entrer en action qu’à des températures plus froides que -18 degrés. « Si l’on veut aider à protéger l’environnement et diminuer les consommations en carburant, nous estimons que les chauffe-moteur doivent pouvoir opérer même à des températures de -5 degrés, » conclut M. Beaudoin.

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